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1696 : pose de la première pierre du Séminaire de Sarlat par Mgr de Beauveau. l'établissement se compose d'un bâtiment faisant face à l'est et de deux pavillons d'angle
parents1745-1777 : construction de la chapelle au sud
1825 : construction de l'aile nord
1853 : prolongement de l'aile nord, construction du parloir (actuelle Aumônerie)
1867 : doublement de l'aile nord
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Quelques professeurs avant la fermeture (1900)
1898 : aménagement de deux étages sur la partie haute de l'ancienne chapelle. La chapelle des Jésuites s'installe au premier (actuel Centre de Documentation et d'Information), au second, la bibliothèque
1916 : premières installations électriques
1939 : chauffage central et douches
1945-1950 : installation des nouvelles
cuisines
Les bâtiments de l'école Saint Joseph de Sarlat furent d'abord un Séminaire dont la première pierre fut posée en 1696. Jusqu'à la Révolution de 1789, l'établissement fut dirigé par les Lazaristes.
L'unique bâtiment d'origine fut complété d'une chapelle au sud et d'une aile au nord. Fermé par la Révolution de 1789, le Séminaire ne rouvrit qu'en 1821, toujours sous la direction des Lazaristes.
![]() Mgr Georges-Massonais, le fondateur |
En 1850, le loi Falloux accorde la liberté de l'enseignement aux congrégations religieuses. Monseigneur Georges-Massonais, l'évêque de Périgueux, crée un petit séminaire à Sarlat dont il confie la direction aux jésuites.
Inauguré le 6 novembre 1850, le nouvel établissement prend rapidement son essor et accueille des élèves venant de la France entière et des colonies. L'aile nord doit être prolongée et une nouvelle chapelle est construite (1869);
En 1867, l'invasion des Etats du Pape pousse quelques élèves à s'engager dans les Zouaves pontificaux. Avec la guerre de 1870, une partie des bâtiments est transformée en hôpital pour les blessés, la cour et le coteau deviennent un champ de manúuvre. Onze anciens élèves ou professeurs meurent au combat.
Au nombre des élèves des premières années, on compte Gabriel de Tarde qui devait s'illustrer comme un brillant juriste, criminologiste et sociologue ; Raoul de Scorailles qui devint l'un des dirigeants les plus en vue de la compagnie de Jésus ou bien encore le caricaturiste Sem et le docteur Léo Testut, spécialiste de l'anatomie humaine, mondialement réputé.
Dans les
années 1880, les lois interdisant aux
Jésuites d'enseigner et les lois sur l'enseignement
laïc provoquent une crise de recrutement passagère.
À la rentrée scolaire de 1881, il n'y a que 44
inscrits. Mais la confiance revient et les effectifs augmentent
de nouveau pour atteindre 248 élèves en 1889.
Pourtant, en 1900, les fêtes
célébrant le cinquantenaire de Saint Joseph ont
des lendemains difficiles.
1880-1913
Les lois de séparation de l'Église et de l'État de 1901 et 1905 entraînent la fermeture de l'Établissement. Grâce à la ténacité du Père Henri-Joseph Despont (1854-1916) qui durant ces années sombres tente de maintenir un groupe d'élèves, Saint Joseph peut de nouveau ouvrir en 1908. Mais la menace d'une nouvelle fermeture pèse jusqu'en 1913.
Le Révérend Père
Henri-Joseph Despont. Ce buste en marbre, présent au
Collège jusqu'en 2007 ...
La revue de la
Société d’Art et d’Histoire de Sarlat et du Périgord Noir
(n°127 - 4ème trimestre 2011) publie un
évocation par les Pères Paul Marty et Joseph
Raylet, remise en forme et annotée par Colette Druet,
de la vie d’Henri-Joseph Despont qui était à la
tête du collège Saint-Joseph de Sarlat au moment
de la séparation de l’Église et de
l’État. Il va lutter pour sauver l’établissement
et pour permettre sa réouverture à partir de
1908. Le juge d’instruction qui perquisitionna le
collège en novembre 1913 déclarait à
propos du Père Despont qui se défendait pied
à pied : Celui-là,
nous ne l’aurons pas : c’est un malin !
Dans une conférence donnée le 19 mars 1932,
l’abbé Gérard Dupin, vicaire
général du diocèse, terminait son
évocation du Père Despont en ces termes :
"Il se défendait sur tous
les terrains, juridique ou canonique, il était retors
par tempérament et ce retors avait une magnifique
âme sacerdotale".
Saint Joseph paye un lourd tribut à la première Guerre mondiale : 124 anciens élèves et professeurs meurent au champ d'honneur, qu'ils participent à la bataille de la Marne, à celle de Verdun, qu'ils combattent dans les airs, sur mer ou dans les premiers affrontements sous-marins.
La scolarité est troublée car l'établissement est de nouveau en partie transformé en hôpital. Les années d'après-guerre sont heureuses. L'établissement organise des expositions, des représentations théâtrales, des concours de poésie. Les élèves participent activement au renouveau catholique et se rendent en pèlerinage à Rome ou à Lourdes.
![]() Le Monument aux Anciens
Elèves Morts pour la France. |
1914-1945
La seconde guerre mondiale éclate. Dès 1940, quelques anciens rejoignent le général de Gaulle à Londres, d'autres restent en France où ils intègrent les mouvements de résistance. Pour ceux qui vivent au Collège, c'est le temps des privations, accrues par l'arrivée massive de jeunes réfugiés alsaciens ou lorrains. En 1945, le bilan est lourd : 72 anciens élèves ou professeurs sont morts au combat ou en déportation.
![]() En 1950, la médaille du
centenaire est scellée dans le mur
extérieur de la chapelle. |
La
même en mai 2011. Elle y est toujours.
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Le collège se remet une fois encore de ses
blessures. L'ancienne chapelle, déjà devenue
théâtre, est aménagée en salle de
cinéma.
Lors de la Pentecôte 1950, les 100
ans de l'établissement sont
célébrés avec faste, mais le temps
est aux changements...
1961 : La rupture
Le 27 juin 1961, c'est le coup de tonnerre : Le Père Louis Santrot,
sj, Recteur de l'Ecole Saint Joseph de Sarlat, adresse une lettre aux
parents d'élèves pour leur annoncer
l'abandon progressif du Collège par la Compagnie de
Jésus. Les causes en sont la baisse des vocations et,
surtout, la volonté du Saint Père (le Bx Jean
XXIII) d'augmenter l'envoi de missionnaires dans les pays
d'Outremer. C'est la fermeture pure et simple qui est
programmée sur quelques années, le transfert des
élèves étant programmé vers les
autres collèges jésuites de l'ouest
(Toulouse-Caousou, Bordeaux-Tivoli, St François-Xavier de
Vannes, N-D de Ste Croix du Mans…).
1963 : Les enseignants et personnels
laïques refusent de se résigner
Sous la houlette de Roger Jonckheere, professeur
d'anglais, ils décident de continuer malgré tout
et organisent un recours à Rome et au
Révérend Père Général des
Jésuites, qui sera refusé.
Cependant un accord tripartite Rome / Évêché - Jésuites - Collège sous la responsabilité de M. Jonckheere, qui devient Directeur des Etudes, est conclu pour continuer sous la tutelle du Diocèse à condition de trouver un Directeur capable d'assurer la continuité de l'établissement.
Le programme de départ des jésuites
se poursuit de 63 à 67 non sans difficultés mais avec beaucoup
d'efforts des parties prenantes pour metre sur pied une
organisation et une structure juridique compatible avec la
nouvelle situation. Des accords sont passés avec
l'État et l'établissement entre sous la tutelle du
diocèse, le Saint Joseph des jésuites arrive
à son terme. Signe de la mutation en cours, en 1965 la
première classe mixte est ouverte.
1966 : Départ du R.P. Santrot, sj
1967-2000
En 1967,
le Diocèse propose à M. Henri Tournier-Lasserve de
prendre la direction de Saint Joseph. Cet ancien commandant de
l'Armée de l'Air, ingénieur diplômé
de l'École Nationale Supérieure des
Télécommunications et de l'École de l'Air,
gravement mutilé par l'explosion d'une mine pendant la
seconde guerre mondiale avait
décidé de se tourner vers l'enseignement après sa carrière militaire. Il
occupait alors un poste de professeur de mathématique au
lycée de Périgueux. Il avait été
élève des Bons Pères au collège St
Joseph de Périgueux de 1939 à 1941 et avait
parfaitement intégré les principes ignaciens
d'éducation.
Il donne son accord
à la condition d'avoir les coudées franches pour
continuer à appliquer cette pédagogie.
Avec Roger Jonckheere, d'une personnalité
très différente de la sienne, il forme une
équipe de direction très soudée et
complémentaire. Célibataires tous les deux, il se
consacrent entièrement au collège et
résident sur place dans des conditions modestes. Ils ne
comptent pas leur peine, appliquant à la lettre la prière
de St Ignace :
"Seigneur Jésus, apprenez-nous à
être généreux,
A vous servir comme
vous le méritez,
A donner sans
compter,
A combattre sans
souci des blessures,
A travailler sans
chercher le repos,
A nous
dépenser sans attendre d'auitre récompense
Que celle de savoir
que nous faisons votre sainte volonté."
Ils cumulaient les fonctions :
- HTL (comme il signait), en plus de sa charge de Directeur
était professeur de math des deux classes de terminales
scientifiques (sections C et D).
- Roger Jonckheere était Directeur des Etudes, professeur
d'anglais de toutes les classes de 1ère division et
titulaire de l'orgue
de la chapelle qui avait une sonorité
extraordinaire lorsqu'il mettait les registres en tutti et les 400 élèves chantaient : "… Joseph,
Joseph, nous sommes tes enfants…". Nous regardions les
vitraux du coin de l'oeil, nous attentant à les voir se
briser sous l'effet des vibrations !…
![]() ![]() ![]() Henri
Tournier-Lasserve
Orgue de la
chapelle
Roger Jonckheere
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Comme du temps des Jésuites, le Collège continue de recruter au niveau national et international : 400 élèves, dont 300 d'internes à plein temps qui ne rentrent chez eux que pour les vacances. Le règlement s'est un peu assoupli par rapport aux générations précédentes mais on sent que l'esprit chrétien de l'établissement demeure intact.
Malgré le peu de confort de
l'établissement (c'est un euphémisme), la demande
ne faiblit pas et il devient nécessaire d'agrandir la
capacité d'accueil (salles de classes, dortoirs, etc.).
Malheureusement les Jésuites et leur ressources ne sont
plus là pour répondre à ce besoin et
malgré ce succès, Henri Tournier a beau se tourner
vers toutes les sources de financement possibles
(diocèse, parents, anciens élèves), il
n'obtient pas l'aide nécessaire. Il continue donc comme
il peut en donnant toujours plus de sa personne jusqu'à
payer parfois sur ses propres deniers certaines factures que la
trésorerie du collège ne peut honorer !
Il a marqué à vie ceux qui l'ont
connu à cette époque.
Il a dirigé le Collège pendant une
décennie, le tenant à bout de bras jusqu'en 1977,
date de son départ en retraite …
La page des Jésuites est tournée mais sans rupture avec l'idéal religieux de Saint Joseph, et encore aujourd'hui quelques élèves sont les descendants de ceux du XIXe siècle. Les Anciens portent haut les couleurs des Vieux Murs en France ou dans le monde, qu'ils soient journalistes, ouvriers ou agriculteurs, politiciens ou missionnaires, artistes ou artisans, industriels ou enseignants.
Pour lancer résolument l'établissement dans l'avenir européen, Saint Joseph s'est associé à la création du projet éducatif européen ROTA en 1991 grâce auquel les jeunes de six pays peuvent se connaître et échanger. Nouveau pas vers le monde, en 1998, les premiers élèves participant à l'opération Dialogue 2000 séjournent en Angleterre. L'ouverture d'une section technique en 2000 marque une nouvelle orientation vers les besoins de la société moderne.
Le monde, c'est aussi l'ouverture sur les autres religions, c'est le soutien aux missionnaires de l'Amazonie, c'est la poursuite de la tradition d'accueil d'élèves étrangers. Indissociable du patrimoine religieux et scolaire du Périgord, inséparable de la ville de Sarlat qui sut lui venir en aide dans les temps difficiles, bien ancré dans son passé, le Lycée-Collège aborde le troisième millénaire avec la confiance de l'âge.
En 2000, St Joseph fête son 150ème anniversaire et, comme cinquante ans plus tôt dans un contexte de crise : effondrement du recrutement
Emploi du temps des années 1850 :
5h : lever, prière et lecture
religieuse
5h30 : étude 7h : messe 7h30 : petit déjeuner (soupe, pain) et récréation 8h : cours 10h30 : récréation 10h50 : étude 12h : repas (soupe, pain) et récréation après -midi : cours coupé par une récitation de l'Ave Maria 16h : récréation et goûter (pain, confiture) suivi d'une récitation de deux dizaines de chapelet et d'une lecture religieuse Fin d'après-midi : étude 19h30 : souper (soupe , pain) suivi d'une étude et du coucher vers 21h |
![]() Des élèves en 1928 /1929 |
1900-1950 : gymnastique "suédoise", sports collectifs, premières
classes d'éducation physique et premières compétitions (1945)
1950-2000 : sports collectifs, vélo tout
terrain, tennis de table.
1895 et après : bains dans la piscine, un robinet par dortoir, puis (1939) deux douches par mois et eau courante dans les dortoirs (après 1945). Toutefois, les dortoirs n'étant pas (ou peu) chauffés, il faut parfois casser la glace dans les lavabos les matins d'hiver. Des couvertures sont bien sûr distribuées en fonction de la température. En été : bains dans la piscine.
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